Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. C’est le sentiment de beaucoup d’observateurs et de Sénégalais lambda avec la suppression annoncée du poste de Premier ministre par le Président Macky Sall.

La première fois, c’est quand Léopold Sédar Senghor, dont les relations avec Mamadou Dia, alors président du Conseil (équivalent du Premier ministre), a jugé opportun de recentrer le pouvoir autour de sa personne. En effet, après un référendum, Senghor s’est passé du poste de 1963 à 1970. Ce n’est que le 26 février 1970, après un nouveau référendum, que ce poste est revenu, avec la nomination d’un certain Abdou Diouf, dans l’architecture institutionnelle.

Devenu président de la République, 11 ans plus tard, Abdou Diouf, marchant sur les traces de son prédécesseur, décide, lui aussi, après deux ans de fonction, de se passer des services de son ami et non moins Premier ministre, feu Habib Thiam, en poste du 1er janvier 1981 au 3 avril 1983. Il sera remplacé pour 26 jours par Moustapha Niasse. La sentence tombe, le 1er mai 1983, suite à une révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale. Abdou Diouf rétablit le poste, en mars 1991, avec le retour de Habib Thiam.

Voulant faire recours, à son tour, à un régime présidentiel renforcé, Macky Sall envisage, à l’entame d’un second et dernier mandat, de supprimer ce poste et d’opérer des ruptures chirurgicales. Car, martèle-t-il à l’envi, « trop de routine, de procédures et de formalités indues continuent d’enterrer l’efficacité du service public et la compétitivité de notre économie ». Et de tonner : « Dans la nouvelle dynamique que je compte imprimer à la conduite des affaires publiques, j’ai la ferme intention d’inscrire toutes les actions de l’État en mode fast-track ». Il vient de baliser le chemin.

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