Mars, le mois de la femme, dit-on. Les réalisatrices se distinguent de fort belle manière et donnent le ton pour une célébration particulière. Au Fespaco, sur les 6 représentants du Sénégal, deux femmes, Angèle Diabang et Khadidiatou Sow, s’illustrent et remportent le Poulain de bronze et d’argent de la catégorie Court-métrage fiction.

 

Le Sénégal rentre de la 50e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) avec deux Poulains. Il les doit à deux émérites réalisatrices. Angèle Assie Diabang a eu le Poulain de bronze de la catégorie Court-métrage, grâce à son film ‘’Un air de kora’’. La jeune et non moins talentueuse Khadidiatou Sow s’est adjugé le Poulain d’argent. Pour une première participation à cette rencontre du 7e art, elle a tapé fort. Elle est l’auteure du court-métrage ‘’Une place dans l’avion’’ dont le personnage principal est Cheikh Guèye alias ‘’Sanex’’. Un film grand public qui traite de la question de l’émigration avec beaucoup d’humour et soutenu par le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuel (Fopica).

Avec cette distinction, une fois encore, la jeune protégée du producteur Oumar Sall de Cinekap, producteur de ce film, hisse très haut le drapeau sénégalais. Il y a 2 ans, elle remportait le Grand Prix Clap Ivoire. Avec ce film, elle a également eu plusieurs récompenses à travers le monde. Mais celle reçue samedi soir au Palais des Sports de Ouagadougou, devant les présidents Roch Marc Kaboré du Burkina Faso et Paul Kagamé du Rwanda, dont le pays était l’invité d’honneur de ce cinquantenaire, est bien particulière. ‘’Je remercie tous ceux qui ont permis  que le film existe. Je suis super contente d’avoir reçu ce Poulain. C’était mon rêve d’être au Fespaco. Rien que la sélection de mon film me faisait déjà énormément plaisir. Le film a fait le tour du monde. Mais je voulais une reconnaissance africaine et je rêvais de ça’’, a dit Khadidiatou Sow sur un ton enchanté.

Angèle Assie Diabang, Réalisatrice africaine de la Cedeao

Angèle Assie Diabang, plus connue dans le monde du documentaire, a fait son baptême de feu dans la fiction avec ‘’Un air de Kora’’. Un essai bien réussi. Elle rentre du Fespaco avec deux prix. Elle est distinguée Réalisatrice africaine de la Cedeao. Elle a reçu ce prix spécial le vendredi, veille de la publication officielle des résultats. Samedi, elle a reçu son Poulain de bronze. ‘’Je suis très, très contente. Je pense très fort à ma mère, à mes ancêtres. C’est le Sénégal qui gagne, ce sont les femmes qui gagnent’’, se réjouit-elle. A peine le Fespaco fini, elle pense déjà à d’autres projets. ‘’Je vais me mettre à fond sur une ‘’Si longue lettre’’ (Ndlr : adaptation du livre de Mariama Bâ au cinéma). C’est une bonne motivation. Là, c’était une première marche, un premier pas vers la fiction, avec deux prix. Cela m’encourage à continuer dans la fiction, à travailler davantage pour une ’Si longue lettre’’’, déclare-t-elle.

Absent de la catégorie Fiction, le Sénégal ne pouvait penser garder l’Etalon d’or de Yennenga. Le Rwanda succède au ‘’Pays de la Teranga’’. Le réalisateur Joël Karékezi, avec ‘’The Mercy of the Jungle’’, remporte le Yennenga d’or. La belle part est allée au Maghreb dans cette catégorie. L’Egypte a eu droit à l’Etalon d’argent, grâce à Karmade Khaled Youssef. Fatwade Ben Mohmound de la Tunisie a eu le bronze. Le Burkina Faso, organisateur de cette biennale du cinéma, a eu droit au Prix du Décor. Il est décerné à Desrances d’Apolline Traoré. Le pays organisateur est le plus grand perdant, si on peut le dire ainsi, de cette édition. L’Etat avait dégagé exceptionnellement une enveloppe d’un milliard pour préparer ce cinquantenaire et que le pays puisse être dignement représenté. Malheureusement, aucun des films soutenus n’a pu faire bonne figure. Disons donc qu’il y a eu ‘’un milliard pour le décor’’.

BIGUE BOB

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