Musicienne sénégalaise établie en Chine depuis 2014, Tabara Diop, de son nom de scène Tabou, est en séjour à Dakar depuis quelques semaines pour la promotion de son single « Xaam Bathia ». La jeune femme prépare également en studio la sortie de son premier album d’ici la fin de l’année.

Elle n’est pas allée en Chine pour chercher le savoir… musical. Tabara Diop est plutôt dans le business. Même si elle a fréquenté une université de son pays d’accueil pour étudier la technologie et la langue, la jeune femme a été rattrapée par sa passion pour la musique. Déjà, elle qui a grandi dans la banlieue de Dakar, a été influencée très jeune par la mouvance rap. En 2007, Tabara, alors lycéenne, fréquentait certains groupes hip hop de Guédiawaye. Puis, elle a pris des cours de musique à l’Ecole nationale des arts, puis à la Maison de la Culture Douta Seck, où elle est couvée par plusieurs ténors de la chanson sénégalaise. La jeune femme a également séjourné en Gambie où elle a étudié l’anglais, mais également aux Etats-Unis d’Amérique. C’est alors fort de ce background culturel qu’elle a monté son groupe, le Tabou Band, en Chine.

« Je représente la culture africaine et chinoise. Et j’essaie de m’intégrer dans la société chinoise… », confie l’artiste, même si la communauté africaine vivant en Chine est plus commerçante que culturelle. Elle évoque la difficulté d’obtention du visa de long séjour pour les Africains, quand ils ne sont pas commerçants ou homme d’affaires à la recherche de marchandises ou d’opportunité. Mais Tabou Diop, avec sa musique d’influence jazz et de variétés, compte s’imposer dans son pays d’accueil grâce à ses textes écrits en wolof, anglais-français ou souvent en chinois.

Tabou Diop, musicienne

Conviée par l’ambassadeur du Sénégal à Beijing pour célébrer, en musique, la Fête nationale de l’indépendance, chaque 4 avril, en Chine, Tabara Diop a eu l’opportunité, l’année dernière, de jouer avec le groupe des Frères Guissé. Un projet artistique les a alors réunis plusieurs mois dans ce pays asiatique, où la musique africaine gagnerait à être promue davantage. Ce à quoi s’attèle, en ambassadrice de sa culture, la jeune artiste. Celle qui a fourbi ses premières armes comme choriste au Xalam II lors du Fesman 2010 et plusieurs clubs dakarois, a choisi désormais d’animer les soirées culturelles de la ville de Guangzhou, en Chine. « Je reconnais que ce n’est pas facile, car les Chinois ne connaissent pas bien les artistes africains… », admet la chanteuse.

Son prochain album, dont la sortie est prévue d’ici la fin de cette année, mélange de ses différentes expériences acquises durant ses voyages, sera certainement un sésame pour se faire connaître davantage du public asiatique. D’ici là, la chanteuse continue la campagne de promotion de son single chanté en wolof, « Xaam Bathia ». Elle promet, dans ce cadre, d’animer plusieurs spectacles dans des clubs dakarois d’ici la fin mars, date prévue de son retour en Chine…

Omar DIOUF

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