La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) a ouvert, à partir de ce 26 novembre 2018, sa semaine de l’inclusion financière. Initiative axée sur le thème « Inclusion financière: levier de développement économique et social », dont l’objectif est de rassembler les acteurs pour se pencher sur les problématiques et défis liés à l’inclusion financière dans l’espace communautaire. Mais aussi, imprégner les acteurs sur l’importance capitale de l’inclusion financière dans la dynamique de développement de nos pays à travers la généralisation de l’utilisation des services financiers.

«L’inclusion financière constitue un catalyseur de la croissance économique et un puissant vecteur de développement, en ce qu’elle facilite la participation des couches sociales les moins nanties à la création de richesse dans nos pays (…) En réunissant ici, décideurs politiques, directeurs généraux de banques et autres institutions financières, des universitaires, des acteurs de la société civile, ainsi que des représentants du secteur privé et des Ong, notre profond désir est de susciter des réflexions sur les défis à relever en matière d’inclusion financière dans notre zone», a indiqué le Gouverneur de la Bceao, Thiémoko Meyliet Koné, lors de la cérémonie d’ouverture.

Aujourd’hui, renseigne la Bceao, l’utilisation des services financiers dans l’Uemoa, est suivie par 3 indicateurs qui permettent d’appréhender son évolution. Il s’agit du taux de bancarisation brut qui mesure le pourcentage d’adultes détenant un compte dans les banques, services postaux, caisses nationales d’épargne au trésor. Il est passé de 7,6% en 2007 à 17,2% en 2017. L’autre indicateur, c’est le taux de bancarisation élargi. Il mesure le nombre d’adultes détenteurs d’un compte dans la microfinance. Il est passé à 36,2% en 2017 contre 16,7% en 2007.

Et enfin il y a le taux global d’utilisation des services financiers, ou taux d’inclusion financière. C’est le cumul du taux de bancarisation élargi et du pourcentage de la population adulte titulaire d’un compte dans les établissements de monnaie électronique. Il est à 55,2% en 2017 contre 14,3% en 2007. Et pour impulser une telle dynamique, la Bceao a amorcé plusieurs initiatives en faveur de l’amélioration de l’inclusion financière. Il s’agit de la mise en place d’un cadre réglementaire adapté, de programmes d’appui spécifiques et l’adoption de diverses mesures en faveur de la promotion de l’offre et de la demande de services financiers inclusifs, entre autres.

Romuald Wadagni, le président du conseil des ministres de la Cedeao, a, cependant, signalé que de nombreux défis restent, cependant, à relever. Parmi eux, le renforcement de l’éducation financière de nos populations. «Nous pourrions mettre en place les meilleures réglementations et tous les investissements pour apporter des services financiers à moindre coût aux populations. Mais si elles ne font pas confiance au système, si elles n’ont pas les connaissances de base, nos efforts d’amélioration de l’inclusion financière demeureront vains», a-t-il indiqué. Les deux autres défis, restent la mise en place d’une politique régionale de protection des consommateurs et l’adaptation des moyens d’actions de la Bceao à l’évolution rapide des usages et du marché.

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