La privatisation de La Poste et de sa filiale Postefinances n’est pas dans l’agenda du gouvernement. Cette assurance est du directeur des Postes au ministère des Télécoms, Mour Ba, et du patron des Ressources humaines de La Poste, Pape Demba Ndiaye. Ils s’exprimaient hier, lors d’un panel en marge de la célébration de la Journée mondiale de La Poste.

 

Le débat sur la  privation de La Poste fait rage depuis quelque temps. Ce qui a poussé les autorités étatiques et les responsables de l’institution à tirer les choses au clair hier, à l’occasion d’un panel organisé en marge de la célébration de la Journée mondiale de La Poste. ‘’Il n’est nullement question d’une quelconque privatisation de La Poste, encore moins de sa filiale Postefinances. En fait, l’Etat du Sénégal, dans sa volonté de développer La Poste, a signé un contrat de performance qui s’appuie sur un plan stratégique de développement. Dans ce document, il est plutôt question de moderniser La Poste, de doter notre entreprise d’outils performants qui vont lui permettre de faire face aux concurrents et à tous ces menaces et défis qui nous interpellent’’, a précisé le directeur des Ressources humaines de l’institution, Pape Demba Ndiaye.

Selon lui, il est donc question de créer une banque postale qui va rester dans le périmètre du groupe et du développement du courrier express. En particulier Ems Sénégal qui est dans le courrier accéléré depuis longtemps.  ‘’En réalité, ce plan stratégique de développement va nous permettre d’atteindre nos objectifs d’ici 2021’’, a ajouté le représentant du directeur général de La Poste à cette occasion.

De son côté, le directeur des Postes au ministère des Télécoms et Postes, Mour Ba, a renchéri que d’après les documents en sa possession, ‘’il n’y a nulle part où il est écrit privatisation ou banque postale, en dehors de la sphère de La Poste’’. ‘’Sur ce plan, il faut vraiment que les gens gardent leur sérénité. C’est un processus qui est lancé et ça peut prendre du temps. Mais l’essentiel est que c’est pour le bien de l’entreprise, de ses employés et du secteur. On essaie de remettre le cadre, d’assainir les finances de l’entreprise pour décliner les axes qui ont été définis dans le plan stratégique’’, a-t-il insisté.

Innover pour faire face à la concurrence et à l’essor du e-commerce

Bien qu’étant parmi les institutions financières et postales les plus anciennes au Sénégal et avec un réseau qui couvre presque tout le territoire national, La Poste a besoin, aujourd’hui, de mieux s’organiser pour faire face à la concurrence. Ceci, particulièrement avec l’avènement des technologies de l’information et de la communication et l’essor du commerce électronique. ‘’Pour faire face à cette situation, il faut gagner de nouvelles parts de marché, adapter notre offre aux besoins des clients. Aujourd’hui, les clients ne sont plus captifs. Mais ils ont accès à toute l’information. Il faut donc nous positionner pour pouvoir identifier ces besoins et voir comment les satisfaire.

Cela nous permettrait de combler les pertes que nous avons constatées et qui sont liées au phénomène de distribution’’, a soutenu le directeur du Courrier et de la Production, Dame Fall. Vu qu’il y a une multitude de plateformes qui évoluent dans le secteur postal, M. Fall  a estimé qu’il est également nécessaire d’avoir une ‘’exigence minimale’’, lors des opérations. Ceci, en permettant aux clients de pouvoir faire des choix en termes de type de distribution. Car les clients veulent avoir une visibilité de leurs offres. ‘’On ne peut pas parler de commerce électronique, si on ne permet pas aux clients de pouvoir suivre leurs offres. Concernant la qualité des données, il faut comprendre qu’on est dans le cadre des échanges de données électroniques. Ça ne sert à rien d’échanger des données, si la qualité n’y est pas. Les défis de sécurité, de la douane, nous devons effectivement veiller sur ça’’, a-t-il ajouté.

Ainsi, le directeur du Courrier et de la Production a indiqué qu’ils ont un projet qui leur permettrait de faire une déclaration de douane en ligne, et à leurs clients de pouvoir dédouaner leurs envois, faire des déclarations ou achats en ligne. ‘’On a également, dans ce cadre, des normes à respecter. Ça ne sert à rien d’échanger des messages dans le système, si c’est fait hors-délai. Les clients ont besoin d’avoir l’information à coup de vue. Ils ont des téléphones portables et doivent à tout moment avoir de l’information. L’intégration de la chaine logistique au plan mondial, avec l’échange des messages tant au niveau des services aériens que des entreprises douanières, etc. Tout ceci, c’est pour avoir une fiabilité de bout en bout’’, a affirmé M. Fall. Pour lui, ce ‘’n’est plus avec une organisation passée’’ qu’ils feront face au commerce électronique. Le directeur du Courrier et de la Production a relevé que les besoins sont ‘’nouveaux’’ dans l’express et au niveau même postal. Et ils ont besoin de lever ces obstacles. ‘’La concurrence est rude. Les clients ont besoin d’autres services et il nous faut aller vers eux, leur apporter une assistance, tout le support dont ils ont besoin. Ce qui nécessite un changement de notre perception du marché’’, a-t-il soutenu.

L’urgence d’avoir une politique financière

Le directeur des Postes au ministère des Télécoms et Postes a signalé qu’au niveau des Postes, ils ont tendance à ‘’prendre le train en marche’’. ‘’Mais là, il faut changer de paradigme. Il faut être la locomotive. Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, les opérateurs postaux sont confrontés à des difficultés. Ceci à cause notamment de la qualité médiocre de leurs services et de l’investissement des ressources. Le numérique offre de réelles opportunités de pallier les disparités dans le secteur postal. Cependant, ces performances exigent, de notre part, une capacité d’adaptation’’, a recommandé Mour Ba.

Pour le directeur général de Postefinances, il urgence, aujourd’hui, d’avoir une politique financière. Ceci pour permettre aux populations qui sont exclues du système financier d’y avoir accès. ‘’Les gens ne vont plus se déplacer pour le chercher. Il faut un réseau de proximité. Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, il y a une stratégie d’inclusion financière sous-régionale. Elle est pilotée par la Banque centrale’’, a dit Bassirou Wade.

Dès lors, M. Wade estime que l’inclusion financière est une affaire de tous. Elle concerne notamment les gouvernements, la Banque centrale, le secteur privé et les institutions postales. Pour ces dernières, le Dg de Postefinances préconise des offres de services fiables, accessibles et à moindres coûts. Sur ce, il a rappelé que l’objectif des institutions postales est de baisser le coût des services de transactions jusqu’à 3 % du montant à envoyer d’ici 2030. Une initiative appuyée par la Banque mondiale.

MARIAMA DIEME

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