Au total, plus de 8,919 milliards de francs Cfa, dont plus de 6,689 milliards de la Banque islamique de développement (Bid) déjà disponibles, vont être mobilisés pour le projet de modernisation des ‘’daara’’ à travers le pays, avec le Waqf immobilier. L’annonce a été faite, hier, par la directrice générale de la Haute autorité du Waqf, Oulimatou Diop, lors d’un atelier.

 

Enfin, le projet de modernisation des ‘’daara’’ va voir le jour, sous peu. En effet, le chef de l’Etat a récemment signé le décret d’application de la loi n°2015-11 sur le Waqf immobilier qui sera érigé au centre-ville. Selon la directrice générale de la Haute autorité sur le Waqf, les revenus de ce projet vont servir à appuyer le processus de modernisation des ‘’daara’’. ‘’Ce projet va être financé principalement par la Banque islamique de développement (Bid) et d’autres partenaires. Aujourd’hui, l’essentiel du financement est mobilisé et disponible. La Bid a déjà mis sur la table 12 millions de dollars, soit plus de 6,689 milliards de francs Cfa. Mais le coût global est estimé à 16 millions de dollars, soit plus de 8,919 milliards de francs Cfa’’, a annoncé Oulimatou Diop. Elle s’exprimait hier, à l’occasion d’un atelier de sensibilisation sur cette pratique de financement islamique.

Initié dans le monde arabe, le Waqf est, en réalité, un instrument important de lutte contre la pauvreté de l’économie islamique. Il peut jouer un rôle important dans le cadre de la politique sociale du pays, la réduction des inégalités sociales et la redistribution des revenus. Dans ce sens, au-delà du programme de modernisation des ‘’daara’’, Mme Diop a indiqué qu’ils sont en train de travailler avec les ministères sectoriels, notamment ceux qui s’occupent des secteurs sociaux tels que la santé, l’éduction, la protection de l’enfant et l’environnement. Ceci pour mettre en œuvre d’autres initiatives.

Cependant, la Dg de la Haute autorité du Waqf a relevé que l’instrument est ‘’largement’’ méconnu des populations et des acteurs de la vie économique et sociale. ‘’Une vaste campagne de communication va être déroulée avec l’ensemble de ces acteurs, pour vulgariser cet instrument de solidarité islamique et montrer ses utilités économiques et sociales. Il sera organisé, d’ici le mois de décembre, une série d’ateliers de sensibilisation avec le secteur privé, le milieu financier, la société civile, les oulémas, les élus locaux, les juges, les universités et la presse. Elle sera associée à une campagne médiatique pour la communication de masse’’, a ajouté Mme Diop.

Toutefois, elle a expliqué qu’il y a ici des pratiques similaires. Elles sont surtout observées avec les familles religieuses. Pour la patronne du Waqf au Sénégal, il est important, après l’adoption de cette loi, de vulgariser ce concept au sein des populations, des acteurs de la vie économique et sociale, pour leur permettre de bien la comprendre.

Le Sénégal, pionnier de la finance islamique

La qualité de la coopération entre le Sénégal et la Bid est un modèle de réussite. Il a permis d’accomplir beaucoup de réalisations ces dernières années, en particulier dans le domaine du développement du Waqf. ‘’S’il y a un pays issu de l’Afrique de l’Ouest parmi nos membres, qui a réalisé les plus grands progrès dans le cadre du développement  de la finance islamique, c’est bien le Sénégal. A telle enseigne que le modèle de coopération que nous avons développé avec le pays dans le domaine particulier du Waqf, est devenu pour nous celui que nous essayons d’exporter vers les autres Etats’’, a témoigné la représentante de la Bid, Guéro Khadijah Diallo. Ainsi, Mme Diallo a exprimé l’engagement de son institution à soutenir le Sénégal, notamment à travers l’assistance technique à la Haute autorité du Waqf. Ceci pour permettre à ces acteurs de bien maîtriser cette instrument et d’en faire un outil ‘’efficace’’ de financement du développement.

Dès lors, le directeur de cabinet du ministre en charge du Budget, Mamadou Sarr, a indiqué qu’il s’agit, pour la Haute autorité du Waqf, de s’appuyer sur l’ingénierie financière islamique. Ceci, pour mobiliser les ressources publiques et privées afin de financer les projets d’investissement générateurs de revenus. Celles-ci seront mobilisées dans la prise en charge des besoins sociaux des couches les plus vulnérables. ‘’Cela nécessitera une démarche inclusive permettant la collaboration de tous les acteurs à la tête desquels le ministère de l’Economie’’, a-t-il préconisé.

Selon les initiateurs de cet atelier, la rencontre vise, au-delà de la sensibilisation, de familiariser les techniciens spécialisés en matière de fiscalité et de finance avec les concepts et fondements de la gestion des autorités du Waqf. Mais, également, d’avoir un échange sur le cadre juridique de cette pratique au Sénégal, sur les questions relatives aux aspects fonciers des Waqf immobiliers ainsi que la prise en compte du Waqf dans le Code général des impôts.

MARIAMA DIEME

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